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Les Failles et les espoirs des lions et du Renard

Les Failles et les espoirs des lions et du Renard


Le Maroc a été battu par l'Iran et prépare son match décisif de ce mercredi face au Portugal.  Comment lire cette première défaite suite à un but marqué contre son camp, à la fin de la rencontre qui confrontait deux équipes, il faudrait le dire,  très moyennes.

Rappelant un peu le contexte de cette confrontation très attendue. Je ne vais pas insister sur les effets de la décision de la FIFA pour l'organisation du mondial 2026 qui a frustré les Marocains, en général, et notamment le staff technique et les joueurs en particulier. Ni insister sur les relations politiques et diplomatiques complexes entre le Maroc et l’Iran.

OUI le groupe B est un groupe très difficile  et le tirage au sort était très défavorable non seulement parce que nous avons le Portugal, champion d'Europe en titre. Un Portugal conduit par un très grand joueur Ronaldo. Et non seulement parce que nous avons l'Espagne championne du monde et qui est composée de joueurs des deux meilleurs clubs de la planète : le Barça et le Real. Mais surtout parce que le premier match était programmé contre l'équipe la plus jouable et accessible, du moins sur papier, l’Iran. Il fallait fatalement battre l'Iran, une pression que nous n’avons pas su gérer lors de la rencontre.

La suite vous la connaissez. Les Lions de l'Atlas ont tenté de dominer leur sujet en mettant une forte pression dès les premières minutes sur le camp iranien, un peu trop naïvement. Mais sans succès et surtout on n’a pas su transférer la pression, le stress et le doute dans le camp adverse.

Pourquoi cet échec et qu'elles étaient les failles de cette équipe marocaine qui ont conduit à la défaite ? D'abord trop de précipitation dans le jeu,  trop de déchets et trop de cadeaux offerts aux iraniens,  ce que nous devons éviter contre le Portugal. Et puis il y a l'effectif lui-même qui ne permettait  pas beaucoup de solutions de changements. On pourrait même se poser la question sur le nombre de joueurs vraiment opérationnels sur les 32 de la liste de Renard.

Dans la série des handicaps, il y a l'absence de finisseur et d’attaquant de pointe efficace. Ni Boutaib ni Elkaabi  n’ont rassuré lors des matchs de préparation et l’attaquant de Berkane était totalement transparent lors de cette rencontre. D'ailleurs si vous n'avez pas d'attaquant pour transformer,  même si vous construisez des actions,  toute construction est une perte d’énergie et quand la balle revient, cette fois,  dans les pieds de l’équipe adverse le moral prend un coup.

On peut se poser la question sur la présence d’Elkaabi dans l'effectif des 23 et parmi le 11 qui a affronté l'Iran. Est-ce lié au fait  qu’Elkaabi qu’il soit de Nahdat Berkane,  présidée par Lakjaa,  qui est aussi président de la Fédération nationale de football et patron de d’Hervé Renard. C’est juste une question mais passons !

Faille extrêmement fatale à ne pas oublier. Et qui nous a couté cher. Face à l‘Iran, nos joueurs ne gagnaient que très rarement des duels obligés d'attaquer les porteurs de ballon à deux ou trois joueurs. ceci qui permettait à l'adversaire de jouer en déviation et de créer le surnombre pour s’ouvrir des couloirs abandonnés dans le camp marocain. Tout ça parce que nous n'avons pas abordé  les choses d'homme à homme. C'est une question fondamentale. J'espère qu’Hervé Renard trouvera une solution pour le match du Portugal. Sinon les Portugais auront beaucoup d’espace et vous savez ce qui se passe quand Ronaldo a de l’espace.

Déterminante aussi, la force mentale.  On avait l'impression que nos joueurs étaient un peu fragilisé par le contexte et par la pression et qu’ils n’évoluaient pas avec un mental de vainqueur  ni avec une rage de vaincre à la hauteur de ces grands moments. On ressentait une incapacité à gérer le stress et la pression avec calme, avec rigueur, efficacité et responsabilité. Et ce pendant que les Iraniens géraient leur match à leur rythme nos joueurs s'emballaient un peu trop s'exposaient au pires des risques et cela est fatal dans un match de haut niveau lors de la Coupe du Monde

On peut évoquer les erreurs de coaching. Elles étaient visibles et prévisibles du moment que les latéraux étaient des latéraux improvisés. Le latéral gauche comme le latéral droit n’évoluaient pas  dans le poste habituel ne pouvaient pas être productifs n’oublions pas l’importance du  facteur plaisir dans la performance.

Notre effectif est très moyen,  et donc, pas assez de possibilités réelles de coaching, de renforcer ou de renverser la vapeur pour qu'il y a une nouvelle dynamique. Le nombre des joueurs les plus opérationnels ne dépasse pas 10 : l'attaquant El kaabi qui était défaillant et Harith trop individualiste 

Passons dans ce modeste point de vue à l'essentiel, c'est-à-dire au match décisif et historique de ce mercredi contre le Portugal.  Vous n’ignorez pas que pour gagner un match il faut soit réussir des contre-attaques soit construire des attaques. Mais pour construire il faut d'abord penser à subtiliser la balle à l'adversaire en mettant très haut la pression et gagner les duels.  Puis être capable de garder le ballon pour en priver l’équipe en face et la faire courir en espérant la désarçonner, la fatiguer ou la désorganiser pour trouver des failles et s’ouvrir les chemins des filets.

Evidemment, les bonnes équipes évitent d’être trop statiques et prévisibles dans le jeu et cherchent surtout à surprendre l'adversaire pour l’empêcher de trouver des réponses adaptées. C'est ainsi qu'on pourra,  nous aussi, surprendre et gagner.

Non, je n’ai pas de conseil à donner à Renard. Je suis un simple fan qui partage un point de vue. Et puis C’est excellent coach si on le laisse travailler. Mais j’espère que les Lions de l'Atlas parviendront, face aux portugais,  à gérer  sereinement et calmement les 90 minutes sans précipitation. Encore faudrait-il  éviter de se laisser surprendre que ce soit par Ronaldo ou par la belle équipe du Portugal.

J’espère que les marocains affronteront leur adversaire en le respectant parce que d'abord son niveau mérite respect mais sans se sentir inférieur et d’entamer la confrontation avec confiance et force de caractère.  J’espère que les joueurs du Maroc évolueront par à-coups en alternant des séquences d’attaques et de défenses. Tout en laissant aussi venir un peu les Portugais sans se laisser dominer et submerger bien sûr 

Nous pouvons si nous jouons sereinement sans précipitation

Nous pouvons si nous prenons des risques mesurés

Nous pouvons si nous négocions chaque ballon

Nous pouvons si nous restons dans la rigueur et l’efficacité

Nous pouvons si nous répartissons nos ressources sur 100 minutes

Nous pouvons si nous y croyons vraiment

En fin de compte ce n’est que du foot


 Boubker Bendine taoufik

Consultant média et diaspora

 

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